Les techniques ayant précédé le doublage

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Les techniques ayant précédé le doublage

Message  claude le Mer 27 Fév - 9:21

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claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 16:26:27


La 1ère technique a été de tourner des versions dans la langue du public.
Ainsi Laurel et Hardy ont-ils tourné dans des langues natives pour leur public.

Citation :

Dans les premières années du parlant ils tournent [...] des cours métrages en version espagnole avec Enrique Acosta mais aussi en français et en allemand car les techniques de doublage ne sont pas encore au point. Un de leurs réalisateurs de prédilection est James Parrott.




www.cineartistes.com/fiche-Stan+Laurel.html

Cela explique aussi pourquoi certains doublages ont incorporé par la suite un accent:

Citation :

Dans les versions en langue française nos héros étaient doublés par des acteurs francophones s'exprimant avec un accent anglo-américain : « Dans Men O'War, de Lewis Forster, en 1929, le cinéma d'Hollywood parle maintenant des États-Unis d'Amérique, et les versions doublées expédient aux quatre coins du monde deux de ses héros les plus ahurissants : Stan Laurel et Oliver Hardy. Voyons la version doublée pour le public français de ce film américain dont l'action ne se passe pas en France : pourquoi donc dans cette version française, Laurel et Hardy se parlent-ils en français avec un accent nasillard amplifié par le ton haut de Hardy, transposé par les acteurs de doublage qui leur furent attribués : Fernand Rauzena et Richard Œstermann (et, à partir de 1935, Frank O'Neill et George Matthews) ? Pour nous, public francophone, cet accent américain fait partie du caractère des deux compères, de leur charme, de leur drôlerie… » [Alain Fleischer, L'accent, une langue fantôme Le Seuil, 2005]

L'explication de cet accent date en fait de l'avènement du parlant : la postsynchronisation n'étant pas encore au point, la nécessité de tourner plusieurs versions d'un même film s'imposait pour l'exportation. Souvent, des acteurs en langues étrangères en remplaçaient les vedettes, ce qui ne fut guère possible pour notre duo. Aussi exécutèrent-ils eux-mêmes des versions françaises et allemandes de leurs premiers talkies (parlants) avec des accents très forts parce qu'ils ignoraient les langues. En France, le succès de cet accent fut tel qu'il n'était plus concevable dorénavant de les doubler autrement.







http://fr.wikipedia.org/wiki/Stan_Laurel tiré de ???

--Message edité par claude le 2008-01-31 16:37:05--

Lady D Arbanville
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Voxophile acharné
Posté le 31/01/2008 16:46:09


Mais bien sûr, cher Claude.


Citation :

Extrait :
"... en 1929. Toujours cette même année, on assiste au premier film parlant français de grande envergure. Il s'agit de la version française d'un film allemand de Carl froelich : La nuit est à vous, de Henri Roussell avec Marie Bell et Jean Murat ...
Mais il ne s'agit pas encore de "doublage" à proprement parler car cela relevait du procédé appelé "versions multiples" : le même film est tourné en plusieurs langues, avec à chaque fois, des acteurs des différents pays qui reprenaient les rôles."





et le chapitre continue.

Extrait de quel ouvrage ?

... du livre RENCONTRES AUTOUR DU DOUBLAGE DES FILMS ET DES SÉRIES TÉLÉ, écrit sous la direction de François JUSTAMAND assisté de Thierry ATTARD, paru aux Editions Objectif Cinéma, 3 rue de Fourcroy 44000 NANTES (25€).


claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 17:06:04


... que je conseille à tous d'acheter.
Je suis le propriétaire d'un exemplaire que j'ai chez moi.

claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 17:10:06


Les studios accueillant les versions multiples deviendront des studios de doublage.

Citation :

BERNARD NATAN ET LE LANCEMENT DU CINÉMA PARLANT EN FRANCE

En janvier 1929, la plupart des personnes qui font autorité dans le cinéma ne croient pas au succès du film parlant. On constate que Le Chanteur de Jazz bat tous les records de recettes depuis six mois, mais on pense qu’il s’agit "d’une mode qui ne durera pas."

À la fin du 1er semestre 1929, les nouvelles des États Unis confirment que bon gré mal gré la place est maintenant au cinéma parlant.

Jusque là, le film était international : il suffisait de changer les quelques intertitres entre les scènes. Désormais, le film ne pourra pas être projeté que dans la langue où il a été tourné.

Pour faire face à ce défi, Paramount décide d’investir 200 millions de francs pour créer, à Saint Maurice, en région Parisienne, un studio où seront tournés, d’après des scénarios préparés à Hollywood, des films en cinq ou six versions, destinés au public français, allemand, italien etc. Le résultat sera catastrophique et Paramount perdra en 18 mois 80 millions de francs. On inventera alors, en 1932, le "dubbing" - le doublage - et les réalisateurs, acteurs et techniciens de valeur seront invités à s’expatrier à Hollywood.

De son côté, la Tobis Société germano-hollandaise, va acquérir les studios d’Épinay pour y tourner des versions françaises. Ultérieurement, on trouvera plus commode d’inviter acteurs et réalisateurs à tourner à Berlin aux Studios de Babelsberg.

Dans ce contexte, que deviennent les producteurs français ? Pathé et Gaumont ont cessé depuis longtemps de produire des films. Jean SAPÈNE et les Cinéromans sont en perte de vitesse et incapables de fournir l’effort financier nécessaire pour produire des films parlant français. Le conglomérat Gaumont-Francofilm-Aubert (GFFA), victime d’un passif qui ne cesse de croître et qui entraînera sa faillite en 1934, est incapable de faire l’effort nécessaire.

En quelques mois - d’Octobre à Décembre 1929 - Bernard NATAN va être en mesure de sonoriser ses studios de Francoeur et de Joinville et d’équiper les salles pour le parlant. Il va donc jouer un rôle capital dans la course au cinéma parlant français. Non seulement, il va produire le plus grand nombre de films français, mais il va pouvoir héberger dès 1930, dans ses studios, la production d’un grand nombre de producteurs indépendants.





http://www.lips.org/bio_natan.asp

Lady D Arbanville
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Voxophile acharné
Posté le 31/01/2008 17:23:41


Et encore (moi, en doublage, je n'ai qu'une Bible) ...


Citation :

... 1931 ... A l'époque, le doublage était une rude tâche pour les comédiens. Ils devaient apprendre les textes par cœur et "coller" au synchronisme des lèvres de l'acteur étranger. C'était le procédé dit "à l'image".
Charles Delacommune, considéré comme l'inventeur français du doublage, eut l'idée d'un autre procédé ... Il s'agissait d'une bande de papier qui défilait sous l'écran... sur laquelle était inscrit le texte que les comédiens devaient "jouer"...
En France, au début des années 30, le studios de doublage étaient encore mal équipés techniquement. Aussi, certains artistes .... se rendirent à Hollywood en 1932 pour faire la synchronisation des films américains...
Vers 1946, une évolution se produit avec l'aflux des films américains, interdits pendant l'Occupation,. Le son magnétique 35mm perforé est alors inventé, grâce au Français Panier et à sa découverte du mégnétophone."




Etc, etc ...

In Rencontres autour du doublage des films et des séries télé écrit par ... voir plus haut.

claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 17:40:20


On n'a pas cru tout de suite dans le doublage pour des raisons bien diverses :


Citation :

Doublage : du rififi à Hollywood lundi 20 mars 2006

Nous venons de recevoir par pigeon voyageur une lettre en provenance d'Hollywood dont nous publions ici quelques extraits :


[...] Actuellement, donc, je suis lancé dans la limonade cinématographique en gros ! Un premier résultat important pour moi serait de redresser des finances compromises par toutes sortes d'excès au cours d'années passées, et je crois que l'Amérique pour cela me sera bien utile. Ensuite, acquérir un "métier" indispensable, une technique, et là encore les USA sont inégalables, les "best in the world".

[...] La M.G.M. vous le savez, je pense, ne jure plus que par les synchronisations. Ce mot barbare exprime l'opération du "doublage" par des voix françaises des voix des artistes américains pour vous offrir ainsi refondu une espèce de film projetable en France.
"L'Union des Artistes", organe des acteurs français, sous l'influence de quelques uns des artistes français récemment revenus de Hollywood, a interdit les "synchronisations" ... Cette mesure a été prise par "l'Union" sous le prétexte de protéger soi-disant la Production Française d'une invasion de "synchronisations" américaines, mais en réalité parce que les petits copains qui avaient palpé du dollar à Hollywood voudraient bien ne pas se voir couper l'herbe sous le pied et y retourner...
Car on paie ici beaucoup moins bien pour les "synchro" que pour les versions. Et, dame, les acteurs français n'aiment pas l'Amérique, mais ils aiment bien les dollars...

Ces mêmes acteurs clament que c'est s'abaisser que de faire une "synchro" alors qu'il est noble de faire une version. Quant à moi, je vous jure bien qu'il est aussi inintéressant de faire l'un et l'autre ! Entre le fait : de copier un film déjà fait au point d'avoir une Moviola sur le studio et que le réalisateur, avant chaque scène, se fasse projeter la scène correspondante du film américain pour bien copier le jeu, de se servir du même découpage, exactement, sans ajouter quoi que ce soit d'original, de donner les mêmes costumes du film américain aux acteurs français, les mêmes décors, etc… etc… et celui de faire enregistrer le dialogue seul pour coller exactement au film américain, il n'y a simplement qu'une manière différente de faire la décalcomanie, c'est tout, et l'une ou l'autre de ces manières de procéder ne se réclame pas plus de la création artistique, donc de l'Art tout court, l'une que l'autre.
[...] Qu'ils jettent [ces acteurs] bas le masque et disent franchement : les synchros ne paient pas, nous préférons malgré tout faire des versions, où, à tout prendre, d'abord on voit nos g...les (cabotins.!) et où nous palpons plus...

[...] Et de plus, il ne faut pas se tromper, c'est un travail qui est extrêmement difficile et délicat. Empoisonnant et insipide, mais très amusant au point de vue technique, rigolo à réussir comme un tour d'adresse. Le dialogue est "matché" comme on dit, c.a.d. exactement du même nombre de syllabes que le dialogue américain (puisque ce sont les acteurs américains qui parlent sur l'écran). Et même on matche les B, les P, les V, les O, les I, etc…etc... [...] Les pauses entre les phrases sont également respectées, enfin tout...
Les acteurs répètent devant un écran sur lequel on projette d'une cabine extérieure et silencieuse une séquence de scènes du film américain et les acteurs, sachant leur rôle par coeur, s'exercent à dire leurs rôles en synchronisme parfait avec les acteurs américains, sans oublier le "sentiment" nécessaire. L'opérateur de projection revient en arrière autant de fois qu'il est nécessaire et repasse les scènes dix, douze fois si nécessaire. Lorsqu'ils savent bien leur rythme, on répète la même opération en plaçant les acteurs devant trois ou quatre micros placés en s'éloignant des acteurs, et le "mixeur" est spécialement chargé de faire passer l'enregistrement d'un micro à l'autre (de l'éloignement au plus rapproché) suivant que les acteurs sur l'écran sont censés se rapprocher ou s'éloigner, ce qui donne l'impression que les voix font de même.
De plus les acteurs ont sur la tête un écouteur à un coté, connecté faiblement sur le sound-track du film sonore, qui, placé à 4 à 5 images en avant du film-image, permet à l'acteur d'entendre ainsi son signal de départ, car le son est si faible qu'il n'entend qu'un petit bourdonnement. Le tout dans le noir d'une salle de projection, bien entendu.
Le metteur en scène (!) est dans la cabine du son, voit le film et entend l'enregistrement dans le micro : il donne ses indications de là haut et donne ses OK.

[...] Pour moi je trouve les synchros bien insipides et inintéressantes et je me demande bien ce que le public dira lorsqu'on va lui présenter ces replâtrages hasardeux ? Je ne pense pas, malgré tout, que ce système des synchros puisse trouver un accueil triomphal et j'estime que dans six mois on reprendra des versions françaises à Hollywood mais sur des bases plus intelligentes que pour la première série déjà faite. Et peut-être feront-ils alors quelques films originaux ...

Hollywood, le 19 juin 1931



Dés 1929, pour préserver ses marchés à l'étranger, l'industrie hollywoodienne se mit à tourner des films en plusieurs versions (espagnol, allemand, hongrois…), rapidement imitée par l'industrie européenne. Parallèlement commencèrent les premières tentatives de doublage ("dubbing", "synchronization"), avec "Hallelujah!" de King Vidor (1929).
Mais la technique étant peu au point, les productions américaines préférèrent pendant assez longtemps tourner des versions en langues étrangères, véritables plagiats des versions originales.

Ce fut l'occasion pour de nombreux acteurs européens de débuter une carrière outre-atlantique. Charles Boyer, par exemple, fit de nombreuses versions françaises de films américains avant de devenir acteur à part entière dans des versions originales.

Ces versions étaient parfois tournées la nuit dans les mêmes décors et les mêmes mises en scène que la version originale par un metteur en scène étranger associé (tels Jacques Feyder ou Claude Autant-Lara), avec des acteurs de la même nationalité.

En 1930, Paramount ouvrit à Joinville son studio européen pour tourner des versions européennes de ses films américains. En quatre ans, environ 300 films y furent tournés dans toutes les langues d'Europe. La même année 1930, à Berlin, la UFA se lança dans la pratique des versions multiples.

Beaucoup de ces versions étrangères n'existent plus mais on connaît encore la version espagnole de "Dracula" (le réalisateur associé George Melford ne parlait pas un mot d'espagnol !), la version française du "Testament du docteur Mabuse" ou les deux versions anglaise et allemande de "L'Ange bleu", "The Blue Angel" et "Der blaue Engel".

Laurel et Hardy, irremplaçables, furent parmi les rares à interpréter phonétiquement eux-mêmes leurs propres rôles dans les versions étrangères de leur propres films, quand les seconds rôles étaient joués par d'autres acteurs. Ainsi Boris Karloff, le futur monstre de "Frankenstein", joua-t-il en français un second rôle dans "Sous les verrous", version française du célèbre "Pardon Us" de Laurel et Hardy.

Avec eux commença véritablement la technique du mixage où voix et musique purent enfin se mélanger, et ceci avant même que le doublage, prôné par la M.G.M dès 1931, ne viennent briser net les espoirs des acteurs européens de faire carrière aux Etats-Unis. Dorénavant ils ne seraient plus que des voix anonymes et les versions doublées seront enregistrées dans le pays auxquelles elles sont destinées.







http://www.dcaudiovisuel.com/news_info.php/language/fr/news_id/33

claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 17:48:54


Il est très possible que des versions considérées comme perdues existent encore:


Citation :

17/08/2004
On ne connait pas encore tous les "Laurel et Hardy"

Selon les informations rapportées par les agences de presse Reuters, Associated Press et CyberPress, une équipe du Musée du Film de Munich (Munich Film Museum) s'est rendue il y a peu à Moscou et a découvert "Spuk um Mitternacht" (une version inédite de leur "Le Fantôme de Minuit" - un film de 40 minutes dans lequel les comédiens Stan Laurel et Oliver Hardy s'expriment en allemand) dans les archives de la capitale russe.

"Parce que le doublage était difficile à l'époque des premiers films sonorisés, les films étaient tournés dans plusieurs langues", a expliqué le représentant du Musée du Film de Munich dans un communiqué indiquant que l'on venait de retrouver un film inédit de Laurel et Hardy dont la première aurait eu lieu le 5 mai 1931 à Berlin (Il avait même été présenté lors de sa sortie comme le premier film parlant en allemand).

"Les acteurs de second rang étaient remplacés par des acteurs parlant la langue voulue et les stars, qui étaient aidées par des professeurs de langue, devaient réciter leur texte phonétiquement dans plusieurs langues étrangères". C'est ainsi que Laurel et Hardy, connus en Allemagne sous le nom de Dick et Doof (Gros et Bête), ont tourné leurs premiers films en Anglais, puis les ont rejoués en prononçant phonétiquement la traduction des dialogues en allemand, en français ou en espagnol.

Jusqu'à aujourd'hui, le seul extrait en allemand dans lequel apparaissaient les deux comédiens était une courte bande-annonce du film.

Cela laisse à penser que l'on peut encore retrouver dans quelques temps des versions de films estimées détruites ou définitivement disparues...

Rédigé par Alain ROBERT dans Anecdotes cinéma, Histoire(s) du cinéma







http://cinetribulations.blogs.com/tribulations/2004/08/on_ne_connait_p.html

claude
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Voxophile passionné Posté le 31/01/2008 17:56:04


Même sujet


Citation :

Laurel & Hardy en Allemagne


Des décennies durant, le don de Laurel & Hardy pour les langues étrangères est resté complètement méconnu. Pourtant, il y a quelques mois, on redécouvrait un film dans lequel les deux comiques parlaient allemand, sans grand talent mais avec beaucoup de bonne volonté. Voici un retour sur le périple allemand de nos deux comiques.
Quand des étudiants étrangers arrivent en Allemagne, les phrases qu’ils prononcent sont, au choix : « Ich suche ein Zimmer » (je cherche une chambre) ou « Bitte ein Bier » (une bière, s’il vous plaît). Les premières bribes émanant des stagiaires zélés de l’université populaire et autres cours pour adultes sont : « Wo ist der Markt? » (où se trouve le marché ?) voire « Ich mag Seidenmalerei » (j’aime bien la peinture sur soie). Rien de tel pour Stan Laurel et Oliver Hardy. En 1931, Hardy balance à Laurel un cryptique « No, du häst da ja wieda schön wos ongerichtet! » (Tiou as encore feye oune grosse beyetise), s’exprimant dans un langage plus proche des onomatopées que de la langue de Goethe ! Il fait ici référence à ce qu’on peut désigner comme le passe-temps favori du tandem : mettre l’autre dans une situation délicate par l’intervention intempestive de tartes à la crème volantes, d’échelles ou d’ânes récalcitrants.

Laurel & Hardy au Far East
Ce reproche, prononcé par Hardy comme s’il mâchouillait un chewing-gum, est certainement la maxime le plus célèbre des comédies burlesques, synonyme de chahut, de catastrophes et de batailles de tartes à la crème, selon le principe du « tit for tat » (œil pour œil), et du « slow burn » (réactions à retardement). Le piètre accent allemand de Laurel & Hardy dans « Spuk um Mitternacht » (Fantômes de minuit), présenté comme le premier film parlant allemand, rend leurs gags encore plus désopilants pour les 40 millions de spectateurs germanophones qui se pressèrent dans les salles pour le voir. « Dick & Dof » (Le Gros et l’Idiot, avec l’orthographe d’avant-guerre), parlent l’allemand sans l’avoir jamais appris. L’idée en revient au producteur, Hal Roach, qui est l’un des premiers de sa profession à identifier le potentiel du cinéma parlant. Il a reconnu dans le tandem d’acteurs un duo burlesque génial et distribué plus de trente de leurs films muets dans le monde. Quand à la fin des années 1920 les images sont sonorisées, il veut impérativement, pour des raisons financières, que le duo se fasse comprendre en Allemagne, en France, en Italie et en Espagne.

Les premières erreurs d’élocution de Laurel & Hardy
Comment faire ? A l’époque, pas question de doublage, priver un acteur de sa voix était considéré comme une hérésie. Les sous-titres ? Tout aussi intolérables. Une seule solution : que les comédiens apprennent les langues étrangères. Pas question de retourner sur les bancs de l’école, les acteurs apprennent directement devant le banc de sonorisation. Sur un ton martial, un professeur d’allemand intransigeant lit les textes qu’un Laurel plutôt doué et un Hardy réfractaire à l’intonation allemande ânonnent ensuite pendant le tournage des intertitres. Le résultat de cette méthode révolutionnaire donne à peu près ceci : « Sogtest du nikt mol, du hättest einen Unke ? » (tiou n’aveye pas dit un joua que tiou aveye un uncle ?) ou « Junivörsiti Börlin, medizinische Fáckulät » (iouniversiti de Beurline, Facoulé de médecine). C’est à « Börlin » qu’a lieu la première mondiale de « Fantômes de minuit » et que le film disparaît sans laisser de traces après la guerre. Pendant plus d’un demi siècle, nul ne s’est jamais plus délecté de du mauvais allemand de Laurel et de Hardy… Jusqu’à ce que Stefan Drößler, du musée du cinéma à Munich, se rende en Russie au printemps dernier. Et en revienne avec une bobine de 40 minutes trouvée dans les archives de Moscou. Une découverte sensationnelle pour les historiens du cinéma et les fans de Laurel & Hardy, puisque sur les trois films officiellement produits en allemand, seule la bande annonce de « Sous les verrous » (diffusé le 29 décembre sur ARTE) avait refait surface.

[...] Sabine Köhncke pour ARTE Magazin







http://www.arte.tv/fr/Laurel-et-Hardy/727108,CmC=734674.html


claude

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